AT&T lance son code propriétaire aux US, inspiré de Flashcode

La technologie française Flashcode a traversé l’Atlantique, et AT&T a décidé de l’utiliser pour lancer son propre système de code 2D.

Pour le meilleur ou pour le pire?

Un extrait de la méga-vidéo de promotion du code 2D d'AT&T

Ironie du sort! En même temps que la technologie propriétaire Flashcode battait en retraite en France, quasi abandonnée par l’AFMM au profit d’un système QR code plus ouvert (même si la marque Flashcode est conservée), AT&T, le plus gros opérateur mobile US, a décidé de lancer cette même technologie aux US. Il a pour cela conclu un accord de partenariat avec Mobile Tag, la société française à l’origine de la technologie. Cocorico? Pas si sûr…

AT&T propose donc une plateforme de création des codes 2D et d’accès à quelques statistiques de base, et une app de lecture de codes sur un nombre -semble-t-il- encore limité de smartphones.
Leur app de lecture de codes est « universelle », au sens où elle sait lire des QRcodes et Datamatrix traditionnels, en plus des codes AT&T.

En revanche, les codes générés par la plateforme AT&T ne seront lisibles que par l’app AT&T. Ainsi, si une entreprise imprime un code AT&T sur un document, seul les utilisateurs ayant téléchargé l’app AT&T sauront accéder au contenu en ligne. Les autres ne verront pour l’instant s’afficher qu’une suite de lettres et de chiffres sans signification. Et comme rien ne distingue un code AT&T d’un datamatrix traditionnel, tout porte à croire que la frustration risque d’être grande.

Le pari d’AT&T consiste probablement à espérer que son immense parc d’utilisateurs, bâti sur sa longue exclusivité de commercialisation de l’iPhone aux US (qui s’est achevée au début de cette année), va lui permettre d’installer le lecteur « par défaut » sur une partie significative du parc de smartphones américain. Mais le pari est risqué. Il faudra du temps à une mise à jour complète du parc, si tant est qu’elle soit possible. Et quelle sera l’adoption de cette app supplémentaire, qui vient s’ajouter à celles existantes de lecture de QR codes ou de code Microsoft, de plus en plus populaires.
Et quel avantage représente la plateforme de génération d’AT&T par rapport aux offres existantes? Bien que toujours en bêta, a priori aucun aujourd’hui. Seulement le risque de frustrer une part importante des utilisateurs potentiels.

Le pari d’AT&T pour une approche « propriétaire » semble donc très risqué, même si cette compagnie dispose évidemment de moyens considérables pour en promouvoir l’adoption. Entre QR codes ouverts et gratuits, Microsoft tags propriétaires massivement présents dans les magazines et ce nouveau venu, la bataille promet d’être rude, et bien malin qui pourrait désigner un vainqueur, même si je parierais plus volontiers sur les QRcodes… A moins que Google, et sa très prometteuse démarche « Gogles » ne mette tout le monde d’accord… Mais ça fera l’objet d’un prochain post.

Pour vous donner une idée des moyens qu’AT&T consacre à ce lancement, je vous invite à jeter un coup d’oeil à leur animation de promotion. Probablement la plus imposante vidéo promotionnelle qu’il m’ait été donné de regarder…

http://youratt.com/nextdimension

Codes-barres 2D. A quoi ça sert, comment ça marche?

On commence à parler beaucoup des codes 2D, mais à quoi servent-ils? Et comment s’y retrouver?

Les codes barres 2D sont ces symboles, souvent carrés, que l’on voit imprimés sur des publicités, des magazines, des catalogues…

qrcodeExemple de code appelé QR code

qrcodeExemple de code appelé Datamatrix

On les appelle codes-barres 2D, ou bidimensionnels, car contrairement à un code-barres classique qui s’étend le long d’une seule ligne (une dimension), ils occupent une surface (deux dimensions).

Chaque point noir ou blanc d’un tel code est l’équivalent d’une barre noire ou blanche d’un code barres que l’on trouve sur les emballages de produits et qui sont lus aux caisses de supermarché. Un code 2D peut donc contenir beaucoup plus d’information qu’un code « 1D ». Ainsi, le code « datamatrix » ci-dessus contient 484 points noirs ou blancs. Si on voulait faire tenir la même information dans un code-barres classique, il devrait mesurer environ 24cm de long!

Il existe de nombreuses sortes différentes de codes 2D, les deux plus fréquemment utilisées en France étant le QRcode et le Datamatrix (ci dessus). Ces deux codes sont utilisés par l’AFMM, Association Française du Marketing Mobile, sous la marque Flashcode. Je vous expliquerai dans un prochain post comment l’AFMM, et donc les opérateurs téléphoniques Orange, Bouygues et SFR qui ont créé cette association, utilisent ces codes.

Le but de ces codes 2D est de permettre d’accéder à une page Internet sur son mobile sans avoir à saisir l’adresse de cette page. Pour celà, il suffit d’utiliser une app compatible avec le code, et de prendre en photo le code à l’aide de son téléphone mobile. L’app reconnait le code, et connecte le téléphone directement à la page Internet associée.

Par exemple, les deux codes ci-dessus, lus avec n’importe quelle app qui reconnait un QRcode ou un Datamatrix, permettent d’accéder directement à ce blog.

Les QR codes (Quick Response Codes) sont les codes 2D les plus répandus dans le monde. Ils sont massivement utilisés depuis des années en Asie, particulièrement au Japon, et leur usage se répand très rapidement en Europe et aux Etats Unis.
Il existe un grand nombre de logiciels permettant de les générer, et un grand nombre d’apps permettant de les lire. En général, une app reconnaitra un QRcode quel que soit le logiciel ayant permis de le générer. On parle d’interopérabilité, ou de compatibilité. Il y a cependant des exceptions : certains systèmes ne respectent pas les standards, et ont développé des solutions propriétaires, interdisant de fait l’interopérabilité, ce qui rend leur intérêt très limité. Je les mentionnerai dans un post ultérieur.

Les datamatrix sont en général moins répandus dans le grand public, étant surtout utilisés dans l’industrie, pour la traçabilité de produits. La France représente cependant une exception, puisque les datamatrix ont longtemps été le seul code 2D utilisé par les opérateurs téléphoniques français, sous la désignation « Flashcode ». Ils devraient cependant progressivement céder la place aux QR codes, l’AFMM ayant très récemment décidé de standardiser le QR code dans un soucis de compatibilité avec les lecteurs présents sur les téléphones des touristes étrangers (une excellente initiative!). Elle continuera cependant à les appeler des « flashcodes » afin de capitaliser sur cette marque sur laquelle elle a beaucoup investi ces dernières années.

En synthèse, donc, les codes 2D permettent d’accéder à un contenu internet sans avoir à en saisir l’adresse, sous réserve que l’on dispose d’un téléphone mobile équipé d’une caméra, et de l’app appropriée pour les lire.
Après avoir utilisé son propre standard, la France, à l’image du Minitel cédant sa place à Internet, a décidé d’adopter le standard international QR code.