QR codes, MS Tags: Microsoft et 3G Vision publient leurs statistiques. Deux visions d’une même croissance.

Microsoft et 3G Vision, l’éditeur du populaire lecteur i-nigma ont donc publié simultanément leurs statistiques pour le premier trimestre 2011 : Microsoft pour son code MS Tag, et 3G Vision pour les QR codes.

Que nous indiquent les chiffres?

3G vision, qui mesure le nombre de codes lus par son application, constate une croissance de 62% au premier trimestre 2011 par rapport au quatrième trimestre 2010. Et la progression est de 350% si on compare T1 2011 avec T1 2010!
La croissance de l’usage aux Etats-Unis est particulièrement impressionnante : +180% en un mois, +630% sur un an!

Croissance de l'utilisation des QR codes mesurée par 3G Vision.

De son coté, Microsoft annonce une croissance de 50% de l’usage par rapport au mois le plus fort précédent ( pas forcément février, d’ailleurs). Sur le premier trimestre 2011, la croissance de l’usage est de 100%, celle du nombre d’utilisateurs de 150%.
Enfin Microsoft publie une donnée qu’évidemment 3G Vision ne peut posséder concernant les QR codes, qui est le nombre de MS Tags imprimés : 3 milliards sur six mois.

Que nous indiquent ces chiffres?

Commençons par le moins signifiant : le nombre de MS Tags imprimés. Les Tags Microsoft sont principalement présents dans le monde des journaux et des magazines aux USA. C’est, par exemple, la technologie privilégiée par le groupe Condé Nast, ou par USA Today, le plus gros tirage quotidien américain. Cette présence fait naturellement exploser le nombre d’impressions. Ainsi, USA Today tire à environ 2 millions d’exemplaires par jour. En considérant une moyenne de 5 codes par édition, on arrive sur ce seul titre à près d’un milliard d’impressions en un trimestre!

En revanche, le taux de croissance de l’usage est plus signifiant, car à quoi servirait de toutes façon une présence massive de codes si les données mesurées montraient que personne ne les utilise? Et là, la tendance est indiscutable : l’usage est en développement exponentiel! Pour les QR codes, et quel que soit le niveau de départ, un quadruplement sur un an, en progression constante et même accélérée, est le signe d’une technologie en phase d’adoption.
Et les données concernant les codes Microsoft indiquent une tendance identique.

Par ailleurs, ces données sont en phase avec la tendance présentée par Scanbuy dans son le rapport d’usage détaillé ( téléchargeable au format PDF à partir de cette page ), qui faisait déjà état d’une croissance de 1600% en 2010!

Croissance de l'usage des codes mesurée par Scanbuy

S’il est certain que les codes 2D ne sont pas encore entrés dans le quotidien des mobinautes, ils en prennent donc indiscutablement le chemin! Et, encore une fois, la décision de Google de ne plus les promouvoir au travers de son service Places ne changera rien à la tendance.

72% des utilisateurs de smartphones déclarent qu’ils se souviendraient d’une publicité intégrant un code 2D

Une étude, réalisée en Février 2011 auprès de possesseurs de smartphones et commanditée par MGH, une agence de communication de Baltimore, USA, met en avant des résultats presque trop beaux.

Quelques extraits :

– 65% des possesseurs de Smartphone déclarent avoir déjà vu un QR code. Parmi eux, la moitié affirment en avoir déjà utilisé un. Une majorité d’entre eux l’ont fait pour bénéficier d’une promotion ou d’un coupon.

– 70% des sondés pensent utiliser un QR code à l’avenir. A 87%, à nouveau, pour profiter d’une promotion.

-72% des sondés pensent qu’ils se souviendraient d’une publicité intégrant un QR code.

Même si ces chiffres sont supérieurs à ce que les enquêtes montrent traditionnellement, et concernent les Etats Unis, les résultats qu’ils présentent sont malgré tout très intéressants.

Vous pouvez télécharger l’étude détaillée à : http://mghus.com/assets/managed/QR code Stats 3 21 11 FINAL.pdf

AT&T lance son code propriétaire aux US, inspiré de Flashcode

La technologie française Flashcode a traversé l’Atlantique, et AT&T a décidé de l’utiliser pour lancer son propre système de code 2D.

Pour le meilleur ou pour le pire?

Un extrait de la méga-vidéo de promotion du code 2D d'AT&T

Ironie du sort! En même temps que la technologie propriétaire Flashcode battait en retraite en France, quasi abandonnée par l’AFMM au profit d’un système QR code plus ouvert (même si la marque Flashcode est conservée), AT&T, le plus gros opérateur mobile US, a décidé de lancer cette même technologie aux US. Il a pour cela conclu un accord de partenariat avec Mobile Tag, la société française à l’origine de la technologie. Cocorico? Pas si sûr…

AT&T propose donc une plateforme de création des codes 2D et d’accès à quelques statistiques de base, et une app de lecture de codes sur un nombre -semble-t-il- encore limité de smartphones.
Leur app de lecture de codes est « universelle », au sens où elle sait lire des QRcodes et Datamatrix traditionnels, en plus des codes AT&T.

En revanche, les codes générés par la plateforme AT&T ne seront lisibles que par l’app AT&T. Ainsi, si une entreprise imprime un code AT&T sur un document, seul les utilisateurs ayant téléchargé l’app AT&T sauront accéder au contenu en ligne. Les autres ne verront pour l’instant s’afficher qu’une suite de lettres et de chiffres sans signification. Et comme rien ne distingue un code AT&T d’un datamatrix traditionnel, tout porte à croire que la frustration risque d’être grande.

Le pari d’AT&T consiste probablement à espérer que son immense parc d’utilisateurs, bâti sur sa longue exclusivité de commercialisation de l’iPhone aux US (qui s’est achevée au début de cette année), va lui permettre d’installer le lecteur « par défaut » sur une partie significative du parc de smartphones américain. Mais le pari est risqué. Il faudra du temps à une mise à jour complète du parc, si tant est qu’elle soit possible. Et quelle sera l’adoption de cette app supplémentaire, qui vient s’ajouter à celles existantes de lecture de QR codes ou de code Microsoft, de plus en plus populaires.
Et quel avantage représente la plateforme de génération d’AT&T par rapport aux offres existantes? Bien que toujours en bêta, a priori aucun aujourd’hui. Seulement le risque de frustrer une part importante des utilisateurs potentiels.

Le pari d’AT&T pour une approche « propriétaire » semble donc très risqué, même si cette compagnie dispose évidemment de moyens considérables pour en promouvoir l’adoption. Entre QR codes ouverts et gratuits, Microsoft tags propriétaires massivement présents dans les magazines et ce nouveau venu, la bataille promet d’être rude, et bien malin qui pourrait désigner un vainqueur, même si je parierais plus volontiers sur les QRcodes… A moins que Google, et sa très prometteuse démarche « Gogles » ne mette tout le monde d’accord… Mais ça fera l’objet d’un prochain post.

Pour vous donner une idée des moyens qu’AT&T consacre à ce lancement, je vous invite à jeter un coup d’oeil à leur animation de promotion. Probablement la plus imposante vidéo promotionnelle qu’il m’ait été donné de regarder…

http://youratt.com/nextdimension

Codes-barres 2D. A quoi ça sert, comment ça marche?

On commence à parler beaucoup des codes 2D, mais à quoi servent-ils? Et comment s’y retrouver?

Les codes barres 2D sont ces symboles, souvent carrés, que l’on voit imprimés sur des publicités, des magazines, des catalogues…

qrcodeExemple de code appelé QR code

qrcodeExemple de code appelé Datamatrix

On les appelle codes-barres 2D, ou bidimensionnels, car contrairement à un code-barres classique qui s’étend le long d’une seule ligne (une dimension), ils occupent une surface (deux dimensions).

Chaque point noir ou blanc d’un tel code est l’équivalent d’une barre noire ou blanche d’un code barres que l’on trouve sur les emballages de produits et qui sont lus aux caisses de supermarché. Un code 2D peut donc contenir beaucoup plus d’information qu’un code « 1D ». Ainsi, le code « datamatrix » ci-dessus contient 484 points noirs ou blancs. Si on voulait faire tenir la même information dans un code-barres classique, il devrait mesurer environ 24cm de long!

Il existe de nombreuses sortes différentes de codes 2D, les deux plus fréquemment utilisées en France étant le QRcode et le Datamatrix (ci dessus). Ces deux codes sont utilisés par l’AFMM, Association Française du Marketing Mobile, sous la marque Flashcode. Je vous expliquerai dans un prochain post comment l’AFMM, et donc les opérateurs téléphoniques Orange, Bouygues et SFR qui ont créé cette association, utilisent ces codes.

Le but de ces codes 2D est de permettre d’accéder à une page Internet sur son mobile sans avoir à saisir l’adresse de cette page. Pour celà, il suffit d’utiliser une app compatible avec le code, et de prendre en photo le code à l’aide de son téléphone mobile. L’app reconnait le code, et connecte le téléphone directement à la page Internet associée.

Par exemple, les deux codes ci-dessus, lus avec n’importe quelle app qui reconnait un QRcode ou un Datamatrix, permettent d’accéder directement à ce blog.

Les QR codes (Quick Response Codes) sont les codes 2D les plus répandus dans le monde. Ils sont massivement utilisés depuis des années en Asie, particulièrement au Japon, et leur usage se répand très rapidement en Europe et aux Etats Unis.
Il existe un grand nombre de logiciels permettant de les générer, et un grand nombre d’apps permettant de les lire. En général, une app reconnaitra un QRcode quel que soit le logiciel ayant permis de le générer. On parle d’interopérabilité, ou de compatibilité. Il y a cependant des exceptions : certains systèmes ne respectent pas les standards, et ont développé des solutions propriétaires, interdisant de fait l’interopérabilité, ce qui rend leur intérêt très limité. Je les mentionnerai dans un post ultérieur.

Les datamatrix sont en général moins répandus dans le grand public, étant surtout utilisés dans l’industrie, pour la traçabilité de produits. La France représente cependant une exception, puisque les datamatrix ont longtemps été le seul code 2D utilisé par les opérateurs téléphoniques français, sous la désignation « Flashcode ». Ils devraient cependant progressivement céder la place aux QR codes, l’AFMM ayant très récemment décidé de standardiser le QR code dans un soucis de compatibilité avec les lecteurs présents sur les téléphones des touristes étrangers (une excellente initiative!). Elle continuera cependant à les appeler des « flashcodes » afin de capitaliser sur cette marque sur laquelle elle a beaucoup investi ces dernières années.

En synthèse, donc, les codes 2D permettent d’accéder à un contenu internet sans avoir à en saisir l’adresse, sous réserve que l’on dispose d’un téléphone mobile équipé d’une caméra, et de l’app appropriée pour les lire.
Après avoir utilisé son propre standard, la France, à l’image du Minitel cédant sa place à Internet, a décidé d’adopter le standard international QR code.

Bonjour à tous!

Qui suis-je, et pourquoi ce blog?

Cela fait dix ans maintenant que je navigue dans le monde passionnant de l’accès à Internet à partir de documents imprimés.

J’ai créé ma première société « print-to-web » en 2001, époque où lon ne parlait même pas encore des téléphones mobiles!

L’objectif était de connecter les catalogues professionnels aux sites Internet des fournisseurs au moyen de codes datamatrix et de lecteurs connectés au PC! La préhistoire…
Nous avons eu de belles réussites en France, en Italie et en Allemagne.

Et en 2005, le projet dont je suis le plus fier : Larousse nous a choisi pour fournir la technologie qui a rendu interactive son encyclopédie illustrée! 12 000 codes barres 2D, un lecteur sans fil designé par Philippe Stark, une grande aventure…!

Puis l’appel de l’Amérique… Une implantation aux Etats Unis en 2008, la création d’une plateforme complète à destination des magazines, et le développement de la première application iPhone de lecture d’URLs (le complément naturel à la lecture des codes 2D).

Aujourd’hui, plus de doutes possibles : Si l’Asie, et en particulier le Japon, a été précurseur du domaine, en Europe et aux Etats Unis les moyens d’accès à Internet à partir du papier (codes 2D, réalité augmentée, reconnaissance d’image…) se développent très rapidement.

J’ai donc décidé de mettre mes dix ans d’expérience et d’expériences, positives et négatives, au service de ceux qui veulent se lancer dans l’interactivité du papier. Que la conversation commence!

Ces technologies vous intéressent? Venez nous rendre visite : http://augmentedmedia.com !