Le NFC va-t-il remplacer les QR codes?

Affiche NFC Google Places

C’est un débat qui agite le web depuis quelques temps déjà, mais qui a pris une nouvelle ampleur depuis que Google a annoncé qu’il abandonnait les QR codes dans son service Google Places, et a commencé à délivrer des affiches intégrant des étiquettes NFC dans une dizaines de villes américaines. Beaucoup y ont vu la mort prochaine et inévitable des QR codes. Que faut il en penser?

Tout d’abord, un bref rappel de ce qu’est la technologie NFC (acronyme de Near Field Communication, c’est à dire Communication en Champ Proche, plus souvent désignée en français sous le terme Communication sans contact).
NFC est une technologie de communication à courte distance, sans contact, entre deux « objets », par exemple une carte et un terminal de paiement, un téléphone et un terminal de paiement, une affiche publicitaire et un téléphone, etc…
Cette technologie est un sous-ensemble d’une technologie plus vaste, largement utilisée dans l’industrie : le RFID.

Le principe en est simple. Un objet compatible NFC contient une « signature » qui lui est propre, et est capable de communiquer cette signature à un autre objet compatible NFC, à condition que celui-ci soit suffisamment près (moins de 10 à 15 cm).
Cette signature va être interprétée par le deuxième objet pour déclencher une action – payer un achat, ouvrir une vidéo, etc…

Il y a deux sortes d’objets NFC :

  1. les objets actifs. Ils contiennent un émetteur capable d’envoyer une onde NFC. Pour cela, ils ont besoin d’une source d’énergie, par exemple une batterie. Par exemple, un téléphone mobile compatible NFC entre dans cette catégorie.
  2. les objets passifs. A réception d’une onde émise par un objet actif, ils renvoient une onde contenant leur « signature ». Ils n’ont pas besoin de source d’énergie. Par exemple, les étiquettes NFC entrent dans cette catégorie.

Deux objets passifs ne peuvent pas échanger d’information entre eux.
Deux objets actifs, au contraire, peuvent le faire sans problème.

Cette vidéo d’un prototype de lecteur NFC utilisant un iPhone est une bonne illustration du fonctionnement. L’iPhone est l’objet actif, les jouets contiennent chacun une étiquette NFC passive. Comme les iPhone actuels ne sont pas encore équipés en NFC, cette démonstration utilise un composant supplémentaire. Cependant, le prochain iPhone devrait être compatible NFC, comme l’est aujourd’hui le Nexus S, et ne nécessitera donc aucun périphérique complémentaire pour interagir.

Quels peuvent donc être les principaux usages du NFC pour le grand public?

L’application qui excite le plus l’industrie est le paiement à partir d’un téléphone mobile. En effet, il suffirait d’approcher son téléphone d’une borne de paiement NFC pour payer un achat. Le téléphone mobile deviendrait ainsi un porte-monnaie électronique sécurisé. Lorsque les PC seront également compatibles NFC, on peut même imaginer payer un achat en ligne en approchant son téléphone de son PC!
Google, Apple, Amazon, Microsoft, Paypal, pour ne citer qu’eux,travaillent activement sur le sujet.
Au Japon, cette solution est déjà utilisée massivement depuis des années, sous le nom de FeliCa.
Une variante de cet usage permet d’utiliser son téléphone pour payer les transports en commun, comme, par exemple et à titre expérimental, à Nice.

Un autre champ d’application prometteur est la publicité, et particulièrement la publicité géolocalisée. Les affiches vont progressivement être équipées d’étiquettes NFC. En approchant son téléphone d’une affiche, on pourra accéder à de l’information complémentaire, réserver un spectacle… Et si ce service est associé à une géolocalisation, les informations pourront être adaptées au lieu. Google et Apple semblent particulièrement actifs dans ce domaine.

Par ailleurs, les terminaux NFC pouvant communiquer entre eux, on pourra facilement, par exemple, transmettre sa carte de visite électronique, juste en approchant deux téléphones.

On le voit, certains de ces usages peuvent également être obtenus en utilisant un QR code (affiche communicante, transfert de carte de visite), d’autres sont propres au NFC (paiement). Que faut-il donc en penser? Le QR code est il déjà mort? Doit on immédiatement intégrer le NFC dans ses campagnes de communication?
Je vous exposerai mon avis sur le sujet dans le prochain post.

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AT&T lance son code propriétaire aux US, inspiré de Flashcode

La technologie française Flashcode a traversé l’Atlantique, et AT&T a décidé de l’utiliser pour lancer son propre système de code 2D.

Pour le meilleur ou pour le pire?

Un extrait de la méga-vidéo de promotion du code 2D d'AT&T

Ironie du sort! En même temps que la technologie propriétaire Flashcode battait en retraite en France, quasi abandonnée par l’AFMM au profit d’un système QR code plus ouvert (même si la marque Flashcode est conservée), AT&T, le plus gros opérateur mobile US, a décidé de lancer cette même technologie aux US. Il a pour cela conclu un accord de partenariat avec Mobile Tag, la société française à l’origine de la technologie. Cocorico? Pas si sûr…

AT&T propose donc une plateforme de création des codes 2D et d’accès à quelques statistiques de base, et une app de lecture de codes sur un nombre -semble-t-il- encore limité de smartphones.
Leur app de lecture de codes est « universelle », au sens où elle sait lire des QRcodes et Datamatrix traditionnels, en plus des codes AT&T.

En revanche, les codes générés par la plateforme AT&T ne seront lisibles que par l’app AT&T. Ainsi, si une entreprise imprime un code AT&T sur un document, seul les utilisateurs ayant téléchargé l’app AT&T sauront accéder au contenu en ligne. Les autres ne verront pour l’instant s’afficher qu’une suite de lettres et de chiffres sans signification. Et comme rien ne distingue un code AT&T d’un datamatrix traditionnel, tout porte à croire que la frustration risque d’être grande.

Le pari d’AT&T consiste probablement à espérer que son immense parc d’utilisateurs, bâti sur sa longue exclusivité de commercialisation de l’iPhone aux US (qui s’est achevée au début de cette année), va lui permettre d’installer le lecteur « par défaut » sur une partie significative du parc de smartphones américain. Mais le pari est risqué. Il faudra du temps à une mise à jour complète du parc, si tant est qu’elle soit possible. Et quelle sera l’adoption de cette app supplémentaire, qui vient s’ajouter à celles existantes de lecture de QR codes ou de code Microsoft, de plus en plus populaires.
Et quel avantage représente la plateforme de génération d’AT&T par rapport aux offres existantes? Bien que toujours en bêta, a priori aucun aujourd’hui. Seulement le risque de frustrer une part importante des utilisateurs potentiels.

Le pari d’AT&T pour une approche « propriétaire » semble donc très risqué, même si cette compagnie dispose évidemment de moyens considérables pour en promouvoir l’adoption. Entre QR codes ouverts et gratuits, Microsoft tags propriétaires massivement présents dans les magazines et ce nouveau venu, la bataille promet d’être rude, et bien malin qui pourrait désigner un vainqueur, même si je parierais plus volontiers sur les QRcodes… A moins que Google, et sa très prometteuse démarche « Gogles » ne mette tout le monde d’accord… Mais ça fera l’objet d’un prochain post.

Pour vous donner une idée des moyens qu’AT&T consacre à ce lancement, je vous invite à jeter un coup d’oeil à leur animation de promotion. Probablement la plus imposante vidéo promotionnelle qu’il m’ait été donné de regarder…

http://youratt.com/nextdimension