Bordeaux, ville la plus branchée de France?

La semaine digitale bat son plein à Bordeaux, et parmi les nombreuses initiatives, l’une des plus spectaculaires est l’invasion de l’espace urbain par des QR codes.

Ce n’est pas un coup d’essai pour la ville, qui avait déjà utilisé de tels codes pour promouvoir son patrimoine unique, ou donner accès aux programmes d’événements culturels disponibles sur son site Internet.

Des QR codes "monumentaux"

Etant actuellement à Montréal, je ne peux malheureusement pas me rendre à Bordeaux cette semaine pour « chasser » les codes, aussi n’hésitez pas à me faire parvenir vos photos ou vos commentaires concernant cette initiative.

mailto:thierry@hy.pr

72% des utilisateurs de smartphones déclarent qu’ils se souviendraient d’une publicité intégrant un code 2D

Une étude, réalisée en Février 2011 auprès de possesseurs de smartphones et commanditée par MGH, une agence de communication de Baltimore, USA, met en avant des résultats presque trop beaux.

Quelques extraits :

– 65% des possesseurs de Smartphone déclarent avoir déjà vu un QR code. Parmi eux, la moitié affirment en avoir déjà utilisé un. Une majorité d’entre eux l’ont fait pour bénéficier d’une promotion ou d’un coupon.

– 70% des sondés pensent utiliser un QR code à l’avenir. A 87%, à nouveau, pour profiter d’une promotion.

-72% des sondés pensent qu’ils se souviendraient d’une publicité intégrant un QR code.

Même si ces chiffres sont supérieurs à ce que les enquêtes montrent traditionnellement, et concernent les Etats Unis, les résultats qu’ils présentent sont malgré tout très intéressants.

Vous pouvez télécharger l’étude détaillée à : http://mghus.com/assets/managed/QR code Stats 3 21 11 FINAL.pdf

Le QR code à la télé!

Aux Etats Unis, les QR codes sont de plus en plus fréquents, et pas seulement sous forme imprimée.

The Weather Channel, la chaine météo américaine, a ainsi utilisé un QR code à l’écran pour faire la promotion de son app Android.

Remarquez le fait qu’ils préviennent par un court compte à rebours, au cas où les spectateurs ne regarderaient pas la télé avec leur smartphone à la main, app de lecture déjà active…

Vous connaissez d’autres exemples de campagnes télévisées utilisant un code 2D? Je suis intéressé, merci d’avance : thierry@hy.pr

5 règles de base pour une campagne de codes-barres 2D réussie

Mettre en place un code barres 2D sur un document pour amener à une page internet peut sembler simple et intuitif.

La réalité, que j’ai pu constater en étudiant de multiples exemples, est un peu plus complexe, même si il ne s’agit souvent que de faire preuve de bon sens.
J’en ai déduit cinq règles de base, qui ne sont probablement pas suffisantes pour garantir une campagne réussie, mais permettent au moins d’éviter les grosses erreurs.

Règle N°1 : Donnez envie.
Demander à un lecteur, ou à un passant, de sortir son téléphone mobile pour scanner un code, c’est lui demander de faire un effort et de vous accorder du temps. Il faut donc que la promesse associée à l’action soit attractive, et clairement exprimée. Offrez, par exemple, une promotion exclusive, un bon de réduction ou une vidéo exceptionnelle, et faites le clairement savoir. Il n’y a rien de plus contre productif qu’un code qui n’est pas accompagné d’une explication claire de ce qu’on peut en attendre, ou qui ne propose pas une « rétribution » suffisamment attractive.

Règle N°2 : Expliquez brièvement comment ça marche.
Même si les codes 2D sont de plus en plus fréquents, une part importante de la population ignore encore totalement ce dont il s’agit. Si vous ne vous adressez pas spécifiquement à un public de technophiles, il est donc conseillé, et probablement pendant quelques années, d’ajouter à votre code une courte explication de la façon de l’utiliser. En particulier, indiquez clairement comment télécharger une app qui permette de lire le code.

Règle N°3 : Utilisez un code universel.
Il n’y a rien de plus frustrant que d’essayer de lire un code avec une app qu’on a déjà installée précédemment, et que ça ne fonctionne pas. C’est dû en général à l’incompatibilité des différents codes entre eux. En d’autres termes, des codes différents vont en général nécessiter des app de lecture différentes. Faites donc le choix d’un code qui sera lu par le plus grand nombre d’apps déjà installées. Je ne saurai que trop vous conseiller d’opter pour le QR code. C’est le plus « universel » de tous.

Règle N°4 : Amenez sur des pages Internet adaptées au mobile.
Parce que les internautes arriveront sur ces pages au moyen d’un code imprimé, ils seront forcément sur un mobile. Vous augmenterez donc beaucoup l’efficacité de votre campagne si la page sur laquelle ils arrivent est optimisée pour être vue et utilisée sur un écran de mobile. Les pages d’un site Internet traditionnel sont souvent confuses et trop petites pour être efficaces. Idéalement, créez des pages spécifiquement pour la campagne, aussi dépouillées que possible, afin de rendre l’action évidente. Vous augmenterez ainsi le taux de conversion.

Règle N°5 : Assurez vous que votre campagne va se trouver dans un lieu adapté au mobile.
Cette règle semble évidente, et pourtant… J’ai vu des campagnes intégrant des codes 2D conçues spécialement pour un affichage dans le métro… où il n’y avait pas de réseau! On ne peut pas faire plus inutile et frustrant. Une autre campagne mal pensée était affichée sur les portes coulissantes d’un aéroport. Qui prendrait le temps de sortir son téléphone, et de s’arrêter en bloquant le passage, pour lire une explication et scanner un code barres dans ces conditions? Dès la conception de la campagne, intégrez ce paramètre. Vous éviterez de dépenser inutilement de l’énergie et de frustrer de potentiels prospects.

Ces règles peuvent sembler évidentes, j’en conviens, mais ne le sont pas tant que ça. De nombreuses campagnes mal pensées, sans intérêt ou inutilisables sont malheureusement là pour le démontrer.
Si vous pensez à d’autres « règles » qui vous semblent tout aussi fondamentales, ou si vous souhaitez simplement engager la conversation sur ce sujet (ou un autre!), n’hésitez pas à me contacter : thierry@hy.pr

AT&T lance son code propriétaire aux US, inspiré de Flashcode

La technologie française Flashcode a traversé l’Atlantique, et AT&T a décidé de l’utiliser pour lancer son propre système de code 2D.

Pour le meilleur ou pour le pire?

Un extrait de la méga-vidéo de promotion du code 2D d'AT&T

Ironie du sort! En même temps que la technologie propriétaire Flashcode battait en retraite en France, quasi abandonnée par l’AFMM au profit d’un système QR code plus ouvert (même si la marque Flashcode est conservée), AT&T, le plus gros opérateur mobile US, a décidé de lancer cette même technologie aux US. Il a pour cela conclu un accord de partenariat avec Mobile Tag, la société française à l’origine de la technologie. Cocorico? Pas si sûr…

AT&T propose donc une plateforme de création des codes 2D et d’accès à quelques statistiques de base, et une app de lecture de codes sur un nombre -semble-t-il- encore limité de smartphones.
Leur app de lecture de codes est « universelle », au sens où elle sait lire des QRcodes et Datamatrix traditionnels, en plus des codes AT&T.

En revanche, les codes générés par la plateforme AT&T ne seront lisibles que par l’app AT&T. Ainsi, si une entreprise imprime un code AT&T sur un document, seul les utilisateurs ayant téléchargé l’app AT&T sauront accéder au contenu en ligne. Les autres ne verront pour l’instant s’afficher qu’une suite de lettres et de chiffres sans signification. Et comme rien ne distingue un code AT&T d’un datamatrix traditionnel, tout porte à croire que la frustration risque d’être grande.

Le pari d’AT&T consiste probablement à espérer que son immense parc d’utilisateurs, bâti sur sa longue exclusivité de commercialisation de l’iPhone aux US (qui s’est achevée au début de cette année), va lui permettre d’installer le lecteur « par défaut » sur une partie significative du parc de smartphones américain. Mais le pari est risqué. Il faudra du temps à une mise à jour complète du parc, si tant est qu’elle soit possible. Et quelle sera l’adoption de cette app supplémentaire, qui vient s’ajouter à celles existantes de lecture de QR codes ou de code Microsoft, de plus en plus populaires.
Et quel avantage représente la plateforme de génération d’AT&T par rapport aux offres existantes? Bien que toujours en bêta, a priori aucun aujourd’hui. Seulement le risque de frustrer une part importante des utilisateurs potentiels.

Le pari d’AT&T pour une approche « propriétaire » semble donc très risqué, même si cette compagnie dispose évidemment de moyens considérables pour en promouvoir l’adoption. Entre QR codes ouverts et gratuits, Microsoft tags propriétaires massivement présents dans les magazines et ce nouveau venu, la bataille promet d’être rude, et bien malin qui pourrait désigner un vainqueur, même si je parierais plus volontiers sur les QRcodes… A moins que Google, et sa très prometteuse démarche « Gogles » ne mette tout le monde d’accord… Mais ça fera l’objet d’un prochain post.

Pour vous donner une idée des moyens qu’AT&T consacre à ce lancement, je vous invite à jeter un coup d’oeil à leur animation de promotion. Probablement la plus imposante vidéo promotionnelle qu’il m’ait été donné de regarder…

http://youratt.com/nextdimension

Codes-barres 2D. A quoi ça sert, comment ça marche?

On commence à parler beaucoup des codes 2D, mais à quoi servent-ils? Et comment s’y retrouver?

Les codes barres 2D sont ces symboles, souvent carrés, que l’on voit imprimés sur des publicités, des magazines, des catalogues…

qrcodeExemple de code appelé QR code

qrcodeExemple de code appelé Datamatrix

On les appelle codes-barres 2D, ou bidimensionnels, car contrairement à un code-barres classique qui s’étend le long d’une seule ligne (une dimension), ils occupent une surface (deux dimensions).

Chaque point noir ou blanc d’un tel code est l’équivalent d’une barre noire ou blanche d’un code barres que l’on trouve sur les emballages de produits et qui sont lus aux caisses de supermarché. Un code 2D peut donc contenir beaucoup plus d’information qu’un code « 1D ». Ainsi, le code « datamatrix » ci-dessus contient 484 points noirs ou blancs. Si on voulait faire tenir la même information dans un code-barres classique, il devrait mesurer environ 24cm de long!

Il existe de nombreuses sortes différentes de codes 2D, les deux plus fréquemment utilisées en France étant le QRcode et le Datamatrix (ci dessus). Ces deux codes sont utilisés par l’AFMM, Association Française du Marketing Mobile, sous la marque Flashcode. Je vous expliquerai dans un prochain post comment l’AFMM, et donc les opérateurs téléphoniques Orange, Bouygues et SFR qui ont créé cette association, utilisent ces codes.

Le but de ces codes 2D est de permettre d’accéder à une page Internet sur son mobile sans avoir à saisir l’adresse de cette page. Pour celà, il suffit d’utiliser une app compatible avec le code, et de prendre en photo le code à l’aide de son téléphone mobile. L’app reconnait le code, et connecte le téléphone directement à la page Internet associée.

Par exemple, les deux codes ci-dessus, lus avec n’importe quelle app qui reconnait un QRcode ou un Datamatrix, permettent d’accéder directement à ce blog.

Les QR codes (Quick Response Codes) sont les codes 2D les plus répandus dans le monde. Ils sont massivement utilisés depuis des années en Asie, particulièrement au Japon, et leur usage se répand très rapidement en Europe et aux Etats Unis.
Il existe un grand nombre de logiciels permettant de les générer, et un grand nombre d’apps permettant de les lire. En général, une app reconnaitra un QRcode quel que soit le logiciel ayant permis de le générer. On parle d’interopérabilité, ou de compatibilité. Il y a cependant des exceptions : certains systèmes ne respectent pas les standards, et ont développé des solutions propriétaires, interdisant de fait l’interopérabilité, ce qui rend leur intérêt très limité. Je les mentionnerai dans un post ultérieur.

Les datamatrix sont en général moins répandus dans le grand public, étant surtout utilisés dans l’industrie, pour la traçabilité de produits. La France représente cependant une exception, puisque les datamatrix ont longtemps été le seul code 2D utilisé par les opérateurs téléphoniques français, sous la désignation « Flashcode ». Ils devraient cependant progressivement céder la place aux QR codes, l’AFMM ayant très récemment décidé de standardiser le QR code dans un soucis de compatibilité avec les lecteurs présents sur les téléphones des touristes étrangers (une excellente initiative!). Elle continuera cependant à les appeler des « flashcodes » afin de capitaliser sur cette marque sur laquelle elle a beaucoup investi ces dernières années.

En synthèse, donc, les codes 2D permettent d’accéder à un contenu internet sans avoir à en saisir l’adresse, sous réserve que l’on dispose d’un téléphone mobile équipé d’une caméra, et de l’app appropriée pour les lire.
Après avoir utilisé son propre standard, la France, à l’image du Minitel cédant sa place à Internet, a décidé d’adopter le standard international QR code.